Bernie, l’oiseau qui avait peur de voler.

Transmis par Joeliah le 11 - août - 2013

Une belle leçon de foi par Kryeon : Salutations, chers amis et vous, les tout-petits, je suis bien Kryeon, du Service magnétique !

Ne vous laissez pas tromper, car je suis vraiment un ange et pour vous, j’ai quelque chose de différent des autres grandes personnes présentes ici : en fait, je n’ai jamais, jamais été un être humain ! Même si c’est difficile à expliquer, cela veut dire que je peux ressentir les choses comme un enfant. Cela veut dire aussi que je peux comprendre ce que vous pensez et que, pour cette raison, je peux mieux vous aimer et vous aider !

Avant de commencer notre histoire, nous allons nous adresser à ceux qui sont juste un peu plus âgés que vous, présents dans cette salle ou en train de lire ces mots dans un livre qui sera imprimé un jour. Patientez quelques instants pendant que je leur parle. Ensuite, nous commencerons vraiment notre histoire.

À vous, très chers, qui n’êtes plus des enfants, mais qui pouvez vous souvenir de l’avoir été il y a quelques années, j’aimerais rappeler quelque chose. Quand vous étiez petits et que vous regardiez les adultes, peut-être avez-vous vu en eux une chose dont vous n’avez jamais parlé, parce que c’était trop secret, mais je sais ce que vous avez pensé à ce moment-là. Vous les regardiez en vous disant, « Je ne veux pas devenir comme ça parce que les adultes ont perdu leur plaisir de vivre ! Ils ne rient plus. Ils ne savent plus jouer. » Alors, mon message pour vous est le suivant : Ne perdez pas les plaisirs de l’enfance, car le plaisir des petits qui sont assis ici est si précieux ! C’est un catalyseur d’illumination ! Il peut avoir été retenu pendant toute votre vie. Pourtant, vous pouvez encore jouer ! Ceci est un moment précieux pour vous. C’est aussi un moment où vous pouvez oublier ce plaisir. C’est votre choix !

Les adultes ont l’habitude de répéter, « Quand j’étais enfant, je parlais et pensais comme un enfant, mais quand j’ai grandi, j’ai mis de côté les choses enfantines. » Aujourd’hui, nous vous le disons, « Ne rangez pas l’enfant dans un placard ! Conservez le plaisir de vivre qui sera toujours là, c’est le secret pour trouver l’ange invisible qui habite en vous. »

Maintenant, à nous, les tout-petits ! Je vais m’adresser à vous comme un ange, je vais vous envoyer un message que même les grandes personnes n’ont encore jamais entendu. Saviez-vous, les enfants, que les anges ne devenaient jamais des adultes ? C’est la vérité ! Ils ont toujours le même âge. Les adultes voient les grands anges, et ils pensent qu’ils sont des anges adultes, mais ce n’est pas vrai. Ils restent toujours des enfants dans de grands corps. lis ont toujours le même âge. C’est un peu comme un secret, mais je pense que vous savez tout ça, n’est-ce pas ? Nous avons autre chose à vous confier : il y a un ange près de vous sans arrêt. Le saviez-vous ?

Vous pourriez répondre, « Je n’ai jamais vu mon ange. Qu’est-ce que tu veux dire, Kryeon ? » Je vais vous l’expliquer.

Je vais vous raconter une histoire à propos d’une petite créature qui avait le même problème. Elle disait, « S’il y a une chose que je n’ai jamais vue, alors comment est-ce que je peux savoir qu’elle existe vraiment ? »

C’est une histoire sur les choses invisibles, spécialement pour vous.

Cet ange, Kryeon, qui est en train de vous parler, et qui est aussi un enfant, peut raconter ces histoires avec l’aide de Lee, son partenaire, qui, lui aussi, n’a jamais grandi ! (rires)

Nous allons vous raconter l’histoire de Bernie, cet oiseau qui avait peur de voler.

Nous voulons vous narrer comment ça s’est passé, parce que c’est une histoire merveilleuse que tout le monde connaît au pays des oiseaux.
Tous les oiseaux s’en souviennent d’ailleurs.

aigle    Bernie avait grandi dans un nid très haut perché.
Peut-être savez-vous comment les oiseaux apprennent à voler ?
C’est plutôt spectaculaire, et ça fait peur, aussi !
Quand les enfants oiseaux sont prêts, maman et papa oiseaux les poussent hors du nid au moment où ils ne s’y attendent pas ! Le saviez-vous ?
Les oiseaux tombent tout naturellement mais très vite ils savent qu’ils doivent étendre leurs ailes, commencer à battre des ailes.
Et lorsqu’ils le font, soudain le vent se met à les soulever et hop les voilà en train de monter !
C’est un peu dur de tomber jusqu’au moment d’étendre les ailes pour voler mais maman et papa oiseaux ne peuvent pas leur apprendre à voler quand ils sont dans le nid.
Pensez-y un peu ! On ne peut pas vraiment voler dans un petit nid !
Mais Bernie ne voulait rien savoir de tout ça.
Il avait vu sa soeur, au moment où on l’avait poussée hors du nid très tôt un matin et il l’avait regardée tomber, tomber, tomber, et encore tomber. Mais à la toute dernière seconde, elle avait déployé ses ailes et s’était mise à battre des ailes comme une désespérée. Finalement, elle s’était envolée!

Mais Bernie avait eu l’impression qu’avant de savoir quoi faire, elle avait failli s’écraser au sol et il avait pris peur.

Il ne voulait pas entendre parler de voler ! Il se disait, « Je ne vois pas pourquoi je devrais voler ! Il y a quelque chose qui ne va pas, dans toute cette histoire. »

Bernie arriva à convaincre son frère Bobbie que tout ça, c’était stupide.
Bobbie non plus ne voulait pas apprendre à voler alors il alla en parler à sa maman.
Il lui annonça qu’il ne voulait pas voler parce qu’il avait peur et qu’en fait il n’en avait vraiment pas besoin, parce que dans le nid, c’était chouette et que c’est là qu’il voulait rester ! Sa maman le regarda bien dans les yeux, puis aussitôt le poussa hors du nid ! Bobbie tomba, tomba et juste au bout de la chute, il ouvrit les ailes, puis battit des ailes encore et encore et prit enfin son essor.
Bernie avait tout vu.

Il était le plus jeune, ayant éclos au moins deux minutes après tous les autres et il savait qu’il serait le prochain à devoir apprendre.

Il se disait, « Tant pis si mon frère et ma soeur ont vécu ça ! Personne ne me poussera hors du nid parce que je n’ai pas besoin de voler. Ce n’est pas pour moi ! » Il dut mijoter un plan.
Une nuit où tout le monde dormait, il trouva une ficelle.
C’était quelque chose que papa avait apporté dans le nid pour le consolider.
Parfois, lorsqu’on construit un nid, on utilise toutes sortes de matériaux pour le renforcer et Bernie avait trouvé une ficelle au milieu des branchages et des pailles dont était fait le nid.
Il décida d’attacher un bout de cette ficelle à sa patte et l’autre bout à une partie solide du nid : ainsi, quand sa maman le pousserait hors du nid au moment le plus inattendu, il ne tomberait que de quelques centimètres et cela le sauverait de la chute.

(Les enfants rient.) Hi ! Hi ! C’était un bon plan !

Le problème, c’est que Bernie n’était jamais allé à un camp scout pour oiseaux.

Alors il ne savait pas bien faire les noeuds d’oiseaux ! Du mieux qu’il put, il fit un noeud qu’il pensait solide et qu’il s’arrangeait pour cacher en faisant toujours face à sa maman lorsqu’elle s’approchait. Bien sûr, la nuit suivante, pendant qu’il dormait, sa mère le poussa hors du nid !
Ça a marché ! Il passa par-dessus bord et la ficelle tint bon.
Il était là, suspendu à quelques centimètres dans les airs.
Il faisait plutôt sombre et maman, pensant que son Bernie était en train d’apprendre à battre des ailes et à voler, se recoucha.
Bernie resta suspendu en silence, se pensant très brillant.
À l’aide de son bec, il grimpa le long de la ficelle et retrouva sa place toute chaude dans le nid. Il était si heureux de n’avoir pas eu à tomber et à voler comme son frère et sa soeur ! Puis il se rendormit.

Le lendemain matin, quand sa maman se réveilla, elle le vit encore dans le nid avec la ficelle et tout et lui demanda, « Bernie, qu’est-ce que tu fais ici ? »
De son bec, elle montrait la ficelle qu’il avait oublié d’enlever de sa patte et elle était fâchée. « Je crois qu’il est grand temps que papa s’en mêle, s’exclama-t-elle.
Tu vas l’entendre ! »
Bernie se disait, « Quel idiot ! J’ai oublié d’enlever la ficelle ! Maintenant, c’est papa qui va s’en mêler. Sapristi ! »
Eh oui ! Finalement, papa revint au nid.
C’était un très grand oiseau couvert de nombreuses plumes.
Il lui faisait un peu peur à cause de sa taille. Mais c’était un bon père très aimant et il demanda à Bernie, « Alors, qu’est-ce qui se passe ? Tous les oiseaux volent, tu n’as qu’à regarder autour de toi ! Tout le monde vole. C’est ça être un oiseau ! Et tu dois apprendre ! Pourquoi ne veux-tu pas voler ? Pourquoi? »

Bernie réfléchit un instant et répondit, « J’ai peur, papa. »
« Pourquoi as-tu peur ? » lui demanda son père.
« Regarde ta soeur, ton frère, ta maman et moi, nous volons tous. Jette un coup d’oeil alentour ! Les amis volent… Les oiseaux volent, Bernie et tu es un oiseau. »
« J’ai peur, papa, parce que là, il n’y a rien ! Tu parles de l’air qui est censé soulever nos ailes, il est invisible. Et puis, ça risque de rater ! As-tu vu mon frère et ma soeur, quand ils sont tombés ? Il s’en est fallu de peu qu’ils ne se tuent ! »

Son père réfléchit un instant.
« Même si tu ne peux pas voir l’air, Bernie, il passera sous tes ailes. Tout ce que tu as à faire, c’est de les déployer pendant que tu descends et l’air va te ramasser. C’est ainsi que nous faisons tous pour voler. C’est invisible, mais ça existe vraiment. »

Bernie répliqua, « C’est juste de la magie. On ne peut pas voir l’air, tu ne peux pas affirmer qu’il y a de l’air, parce que tu ne peux pas le voir. Il n’est pas là. Peut-être bien que la magie, ça marche pour toi, pour maman, pour mon frère et ma soeur, mais moi, il faut que je le voie avant de pouvoir y croire. L’air est invisible. Comment puis-je savoir que tu n’es pas en train de me jouer un tour ? Je ne sais pas comment vous volez, mais l’air, ça n’existe pas, parce que je ne peux pas le voir. »

Bernie fit une pause, puis continua. « Papa, voilà ce que j’ai trouvé. Regarde, pourquoi faut-il que je vole ? J’ai envie de créer une nouvelle espèce d’oiseaux qui s’appellerait l’oiseau-marcheur. (rires) Pourquoi faut-il que je sois comme tout le monde ? J’aurai une vie agréable. Je descendrai en marchant le long du tronc d’arbre, je trouverai les vers de terre, puis je remonterai au faîte de l’arbre. J’aurai une vie agréable. Quelque part, je me trouverai une femme oiseau-marcheur et nous aurons des enfants oiseaux- marcheurs. Une nouvelle espèce naîtra. Un jour, ils regarderont en arrière et proclameront : C’était le commencement de la grande espèce nommée l’oiseau-marcheur. »

Le père de Bernie le regarda pendant très longtemps.
Il marmonna tout bas, « Oiseau-marcheur ? » Il roula des yeux et dit, « D’accord, Bernie, j’ai l’impression qu’il est temps que Sigg t’examine. »
« Qui c’est, Sigg ? » demanda Bernie après une hésitation.
« Eh bien, c’est le docteur spécialiste du cerveau chez les oiseaux. (rires) Nous allons devoir aller le chercher pour qu’il te voie. Mais, Bernie, l’oiseau docteur du cerveau est très susceptible. Quand il viendra, ne l’appelle pas « docteur Cervelle d’oiseau » ! (rires) Fais attention de bien l’appeler Monsieur l’Oiseau, docteur du cerveau. Aucun docteur ne veut qu’on l’appelle, docteur Cervelle d’oiseau. » (rires)
« Papa, ça m’est égal ce que le docteur Sigg va me dire. Personne ne peut me convaincre que l’air existe pour vrai. Je ne peux pas le voir. »

Alors, tout arriva.

Au beau milieu de la nuit, une fois Bernie endormi, sa mère s’approcha de lui sans faire de bruit et tout doucement, rongea la ficelle qu’il portait encore pour être en sécurité. Puis elle le poussa hors du nid ! Tout s’est passé très vite ! Il tombait, tombait, et c’était une expérience horrible ! Il était terrifié et se sentait glacé d’effroi. Il regardait défiler près de lui l’écorce de l’arbre et voyait le sol filer vers lui à toute allure. Il se disait, Je dois déployer mes ailes, mais je ne crois pas à l’air. Je ne peux pas y croire parce que ce n’est pas réel ; je ne peux pas le voir. Je ne peux pas y arriver ! »

Effectivement, comme prévu, il ne déploya pas ses ailes, piquant droit vers le sol, sachant qu’il allait se retrouver bec le premier et finir enfoncé comme un piquet…
Les pattes pointées en l’air ! Il allait finir sa vie pétrifié, le bec planté dans la terre. Personne ne serait capable de le sortir de sa fâcheuse position et il deviendrait une statue dans le parc.
Il était bien au courant de ce que les oiseaux faisaient aux statues d’humains dans les parcs, et il ne pouvait s’empêcher de se demander ce que les humains feraient à une statue d’oiseau ! Soudain, Bernie se réveilla.
Ce n’était qu’un rêve ! (rires) Quel cauchemar !

Hum ! Hum !
Le matin suivant, Bernie se réveilla comme d’habitude.
Effectivement, Sigg, l’oiseau docteur du cerveau, était là. Il était bien à l’heure.
« Bonjour, Bernie », lança-t-il.
« Bonjour, monsieur le docteur Cervelle d’oiseau ! »
« Je m’appelle Oiseau, docteur du cerveau, dit Sigg. Ne l’oublie pas, fiston ! »
« D’accord, docteur Cervelle d’oiseau. »
« BERNIE ! » s’exclama le docteur.
« Désolé ! Désolé ! » dit Bernie, mais il ne l’était pas ! (Les enfants rient.)
« Bernie, de quoi as-tu peur ? » demanda le docteur avec sincérité.
Bernie dut encore s’exécuter. « Je n’arrive vraiment pas à croire à l’air ! Je n’arrive pas à le voir non plus. Je sais que vous volez tous… Hop, hop, hop ! (Bernie se moquait de ceux qui volent.) Mais ça ne marche tout simplement pas pour moi parce qu’il faut que je le voie, monsieur le docteur Cervelle d’oiseau… Monsieur ! »
Sigg se renfrogna encore devant cette gaffe délibérée.
Bernie s’amusait follement, sachant fort bien que le docteur Sigg n’aimait pas être appelé Cervelle d’oiseau. Pourtant, chaque fois qu’il s’adressait à lui, Bernie répétait « docteur Cervelle d’oiseau, Monsieur ». Ça minimisait les choses. D’une certaine façon, ça lui plaisait assez.
Sigg dit à Bernie : « Bernie, tu as peur parce que tu ne peux voir l’air. Mais de quoi as-tu vraiment peur ? »
« Bien… Docteur Cervelle d’oiseau, Monsieur, j’ai peur de tomber et de m’écraser contre le sol, qui a l’air de se précipiter trop vite vers les oiseaux quand ils tombent de leur nid. J’ai peur ! »
Bernie trouvant que c’était là une question stupide, il donna une sorte de réponse stupide.
« Qu’est-ce qui fait tomber les oiseaux, exactement ? » demanda Sigg à son jeune élève.
« Bien, hum, j’imagine que c’est la gravité », déclara-t-il.
« Hum… la gravité. » Sigg fit une pause.
« Tu sais, Bernie, tu ne peux pas vraiment voir la gravité maintenant, n’est-ce pas ? »
Bernie réfléchit un peu. « Bien non, c’est vrai, je ne peux pas la voir. »
« Mais tu crois à la gravité ? Montre-la-moi ! »
Bernie se concentra, puis ajouta, « Hé bien, je peux vous montrer la gravité. Si je saute hors du nid, je cours vers ma mort. Ha ! Ha ! C’est ça, la gravité ! »
Il était tout fier d’avoir répondu à cette question difficile.
« C’est exactement ça ! C’est tout à fait vrai, s’exclama le docteur !
Tu peux prouver que ça existe aussitôt que tu sautes hors du nid.
Bernie, tu peux aussi prouver que l’air existe quand tu sautes hors du nid, parce que l’air est là exactement comme la gravité. Tu ne peux pas le voir, mais il est vraiment là. »
Bernie n’aimait pas le tour que prenait cette conversation.
Sigg, de son côté, avait terminé sa consultation, alors il partit… par la voie des airs.
Au lieu de prendre son essor vers le ciel, il sauta hors du nid, s’élança vers le bas en piqué, comme s’il tombait, en criant en direction de Bernie.
« La gravité, Bernie ! » criait-il en tombant droit vers le sol. « L’air, Bernie ! » ajouta-t-il au moment où il se redressait, les ailes toutes déployées.
Puis, tout doucement, il disparut au loin.
On pouvait entendre le docteur Cervelle d’oiseau chanter en s’envolant : « Les deux sont invisibles, mais les deux sont réels. »
Bernie resta longtemps immobile.
Il réfléchissait, sans arrêt. Finalement, il conclut : « Vous savez, monsieur l’Oiseau docteur du cerveau a raison. Ce n’est pas parce que je ne peux pas voir quelque chose que ça n’existe pas. La gravité est toujours là. Peut-être que l’air aussi. C’est de ça que j’ai vraiment peur ! Je ne pourrai pas le savoir tant que je n’aurai pas essayé. »

Sigg, l’oiseau docteur du cerveau avait fait prendre conscience de ceci à Bernie :
il est intéressant qu’il existe quelque chose d’invisible, comme la gravité ; mais vous devez savoir que ça existe, sinon la chute pourrait vous tuer.
Il avait fait remarquer que Bernie ne pouvait pas croire en quelque chose d’aussi merveilleux que le vol qui utilisait de l’air invisible.
Bernie comprit que ce dont il avait vraiment peur, c’était la gravité ! Peut-être l’air invisible serait-il comme la gravité invisible, mais est-ce qu’il le sauverait ?
Bernie décida de voler le lendemain.
Il allait être courageux et l’annoncer à tous les oiseaux de la forêt et dans tous les autres nids. Il l’annoncerait même à tous les bébés oiseaux qui le regarderaient :
« J’vais l’faire ! J’vais l’faire ! »
Le lendemain matin, Bemie se tenait sur le rebord du nid. Comme tous les habitants des nids étaient au courant de son problème, il y avait un gros rassemblement.
C’était comme chaque fois que l’oiseau docteur du cerveau rendait visite à un oiseau : tout le groupe le savait. Ça, ce sera le sujet d’une autre histoire.
Bernie se tenait donc bien droit.
Encore une fois, il clama à la ronde qu’il était temps de faire confiance à cette chose invisible qui s’appelait l’AIR ! Il parla longtemps de la foi et des choses invisibles, puis, courageux et solennel, il se lança dans l’air léger et commença son plongeon hors du nid !
Il se retrouva immédiatement suspendu quelques centimètres plus bas, ayant oublié de dénouer la ficelle ! (rires) Bernie était très gêné et humilié.
La forêt entière était morte de rire.
Même les non-oiseaux riaient, les souris et les écureuils aussi.
L’écho de la forêt résonnait à ses oreilles : « L’oiseau- marcheur, le grand oiseau-marcheur ! » Alors, il sut que tout ce qu’il avait raconté avait été répandu alentour.
Il fallait corriger le tir.
Il grimpa le long de la ficelle, la rongea pour s’en libérer, prit une autre bouffée de cette chose invisible appelée air et regarda alentour.
La forêt avait retrouvé son silence.
Les bébés oiseaux ne font pas ça d’eux-mêmes, vous savez !
Ils sont habituellement surpris dans leur sommeil et jetés hors du nid au moment où ils s’y attendent le moins. Ils ne le font jamais d’eux-mêmes.
D’une certaine manière, les autres oiseaux savaient que ce qu’ils voyaient était inhabituel.
Les adultes se souvenaient de ce que ça leur avait fait la première fois.
Bernie, l’oiseau qui hésitait à voler, le fondateur de la nouvelle espèce « l’oiseau-marcheur », se préparait à se jeter en bas du nid, cette fois-ci sans ficelle !
Il se mit à descendre.
La peur s’empara de lui aussitôt, alors qu’il tombait à pic vers le sol.
Ce n’était pas un rêve. Cette fois, c’était réel !
Alors qu’il regardait l’écorce de l’arbre défiler devant lui et le sol se précipiter vers lui, il entendit une voix à l’intérieur de lui.
Elle lui disait : « Tes ailes Tes ailes ! Sors les ailes ! »
« Je suis terrifié ! J’ai peur ! » Hurlait Bernie dans sa tête.
Alors, finalement, tout comme l’avaient fait sa soeur et son frère, au dernier moment il déploya ses petites ailes boudinées qui n’avaient jamais servi et commença à battre des ailes.
Effectivement, ce support invisible appelé, air, le prit en charge.
La magie du vol qui avait été bonne pour sa mère, son père, sa soeur et son frère prit la relève. Il sentit l’air le portant, le poussant vers le haut. Ça y était, il prenait son essor !
Bernie ne pouvait s’en lasser. Il vola tout le jour.
Il voltigeait, il voltigeait…
Il vola aussi haut qu’il le put jusqu’à ce que ses ailes soient fatiguées puis il célébra cette chose invisible que tous appelaient AIR.
Il planait autour des arbres en criant, « Regardez, je vole ! » Comme si aucun oiseau ne l’avait jamais fait avant lui ! Tous l’applaudirent – non pas parce qu’il volait, mais en raison de son courage, puisqu’il avait fait ça tout seul, de lui-même. (Pause.)

Voilà une histoire toute simple, n’est-ce pas ?
C’est un peu drôle de penser à Bernie et à sa confiance en l’invisible.
Maintenant, nous allons vous révéler ce que tout ça peut bien vouloir dire pour vous tous. Certains le savent déjà, n’est-ce pas ? Mes petits, il y a un ange avec vous en ce moment même.
Il est né avec vous, et vous pouvez lui parler chaque fois que ça vous chante.
C’est un ange agréable, et il vous aime.
Il a l’esprit d’un enfant, il sait même comment vous pensez.
Cet ange aime jouer avec les mêmes jouets que vous et il grandira avec vous au fur et à mesure. Il sera toujours disponible, prêt à vous aider en tout temps.
Maintenant, certains d’entre vous pourraient dire, « Je n’en vois aucun ! »
C’est parce qu’il est invisible, exactement comme l’air l’était pour Bernie.
Nous pouvons aussi vous assurer que cet ange vous soutiendra même quand vous connaîtrez des difficultés ou que vous serez tristes et que tout ne marchera pas comme vous le voulez.
C’est un ange qui vous soutient à l’aide d’une énergie invisible même quand vous êtes en train de tomber dans l’obscurité de la peur.
Nous voulons que vous vous le rappeliez car cet ange vous accompagnera toute votre vie.
Il est beau, il est invisible, mais tout comme Bernie l’a découvert, il est très, très réel.
Peut-être voudriez-vous en savoir plus sur votre ange ? Vous n’avez qu’à le lui demander ! Même s’il est possible que vous ne puissiez ni le voir ni l’entendre comme une personne réelle, l’émotion de l’amour et de l’amitié sera la preuve qu’il est là !
Et vous, les adultes ? Où est passé votre ange enfant ?
Est-il encore avec vous, ou l’avez-vous mis à la porte en grandissant ?
A-t-il ri en écoutant l’histoire de Bernie ? Peut-être est-il temps de le trouver car il ne vous a jamais quitté.
Il est votre compagnon pour la vie et il vous fait signe de sortir jouer avec lui.
Alors, vraiment, c’est une histoire pour les adultes, car ce n’est pas l’enfant qui éprouve cette peur mais bien l’adulte.
C’est la peur de celui qui ne veut pas quitter le nid de l’intellect et de la réalité tangible pour s’envoler vers les hauteurs de l’enfant retrouvé, du jeu retrouvé et de la joie de croire en l’invisible.

Nous célébrons notre temps passé avec vous, chacun de VOUS.

Et il en est ainsi.
Kryeon
http://www.kryon.com/